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Comment expliquer le Chat de Schrödinger ?

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Chat de Schrödinger

Le Chat de Schrödinger est l’une des expériences les plus connues de l’histoire de la physique. Entre superposition et principe de décohérence, cette expérimentation continue d’interroger tous les passionnés de physique quantique. Études Tech te présente tout ce que tu dois savoir sur le fameux Chat de Schrödinger.

Qui était Erwin Schrödinger ?

Chat de Schrödinger

Erwin Schrödinger naĂ®t le 12 aoĂ»t 1887 Ă  Vienne en Autriche. Il est l’un des physiciens les plus cĂ©lèbres de l’Histoire. En 1926, il rĂ©volutionne le monde de la physique avec la publication de son article sur les Ă©quations d’onde. Celui-ci lui permet d’obtenir le prix Nobel en 1933 qu’il partage avec Paul Dirac. NĂ©anmoins, son plus grand fait d’armes reste l’expĂ©rience du Chat de Schrödinger, une expĂ©rience de pensĂ©e qui cherche Ă  prouver que le principe de superposition n’existe pas. Cette expĂ©rimentation est si complexe qu’elle a pendant longtemps appelĂ©e Ă  la rĂ©flexion et continue de passionner les plus curieux aujourd’hui.

S’il s’éteint à Vienne, le 4 janvier 1961, Erwin Schrödinger s’est inscrit dans la lignée des plus grands physiciens de son temps.

La superposition des états : un principe incontournable de la physique quantique

L’équation de Schrödinger à l’origine de ce principe

Lorsque Schrödinger publie son équation, il met au point ce qui est appelé l’état d’un système, un moyen de calcul permettant d’obtenir à la fois la vitesse, la position et l’énergie d’un objet. Cependant, il y avait des cas où les résultats obtenus étaient assez étranges. En effet, un objet pouvait se déplacer à deux vitesses différentes sans qu’il n’y ait absolument aucune erreur de calcul. Cette observation donne lieu au principe de superposition des états, un des principes les plus connus de l’Histoire de la physique quantique. Il dit qu’un objet peut se trouver simultanément dans plusieurs états traditionnels. En d’autres termes, une particule pourrait se trouver dans un endroit A ou dans un endroit B ou dans une superposition des deux, c’est-à-dire aux deux endroits en même temps.

L’application aux électrons

Cette observation est assez difficile à admettre pour des objets de notre quotidien. C’est d’ailleurs cette incapacité à admettre le principe de superposition qui va pousser Schrödinger à mettre au point sa célèbre expérience. Néanmoins, elle peut totalement s’appliquer à des électrons dans le cas du calcul de leur spin. Le spin d’un électron possède deux états : |+1⟩ et |-1⟩. Or, avec le principe de superposition, il devrait être possible, en théorie, d’obtenir les deux états simultanément. Sauf que la machine qui sert à calculer les spins des électrons donne seulement +1 ou -1. Dans le cas d’une superposition, il y a 50% de chances d’obtenir +1 et 50% de chances d’obtenir -1.

Cependant, rien n’oblige une superposition d’être équitable. Il est, en effet, possible d’influer sur celle-ci. Pour cela, il faut ajouter des proportions reposant sur des coefficients devant les symboles qui vont venir impacter les probabilités. Si le coefficient devant le symbole +1 est supérieur à celui devant le -1 alors on aura plus de chances d’obtenir +1 lors du calcul du spin des électrons.

Cette théorie de la superposition va diviser le monde scientifique. Si elle est parfaitement admise par les physiciens de Copenhague avec, à leur tête, Niels Bohr, Schrödinger lui ne l’entend pas de cette oreille et va chercher à démontrer que ce principe de superposition n’existe pas.

Lire aussi : Les scientifiques les plus connus de l’Histoire

En quoi consiste le Chat de Schrödinger ?

Le déroulé de l’expérience

Le Chat de Schrödinger est une expĂ©rience de pensĂ©e, c’est-Ă -dire une expĂ©rience imaginĂ©e. Celle-ci intervient après l’interprĂ©tation de Copenhague qui soutenait la superposition des Ă©tats, ce qui n’était pas le cas de Schrödinger. Il met donc au point une mĂ©thode de dĂ©duction, en prenant en compte la superposition des Ă©tats, afin de montrer qu’elle ne tient pas la route. Il imagine alors qu’un atome puisse bel et bien se retrouver dans deux Ă©tats diffĂ©rents simultanĂ©ment. En partant de ce principe, il imagine un système dans lequel l’état de l’atome dĂ©clencherait ou non un poison. S’il est dans l’état 1 alors le poison ne se dĂ©clencherait pas, mais s’il est dans l’état 2 alors il se dĂ©clencherait.

Pour mettre en pratique son expérience, il imagine tout dans un système contenu dans une boîte. Dans celle-ci, on retrouve une particule nucléaire, dans l’état 1 ou 2, un capteur afin de détecter l’état, un marteau qui se déclenche ou non afin de briser une fiole de poison. Enfin, il ajoute un chat qui meurt si le poison se répand, mais qui reste vivant s’il ne se déverse pas.

La rĂ©flexion est plutĂ´t simple, si la particule nuclĂ©aire est dans l’état 1, le chat vit, si elle est dans l’état 2, il meurt. Cependant, que se passe-t-il si la particule est Ă  la fois dans l’état 1 et 2 ? Schrödinger dit alors que le poison s’est Ă  la fois rĂ©pandu, mais qu’il ne s’est Ă©galement pas rĂ©pandu. Par consĂ©quent, le chat est Ă  la fois mort et vivant et un chat mort-vivant, cela n’existe pas. Pour Schrödinger, la superposition des Ă©tats n’existe pas dans la mesure oĂą il est impossible d’avoir un chat Ă  la fois mort et vivant.

Chat de Schrödinger
Illustration de l’expĂ©rience du Chat de Schrödinger

Un problème plus complexe

Si le raisonnement de Schrödinger n’est pas faux, il n’est pas vrai non plus. En reprenant le principe de la superposition des Ă©lectrons, tout est dĂ©terminĂ© et un Ă©lectron, un atome ou une particule a quoiqu’il arrive un Ă©tat dĂ©terminĂ©. C’est cette rĂ©flexion qui s’applique au chat. Il est soit mort, soit vivant, mais ne peut ĂŞtre les deux Ă  la fois malgrĂ© le principe de superposition. Cependant, s’il est possible de retrouver un objet dans un Ă©tat de superposition Ă  l’échelle macroscopique, pourquoi faudrait-il croire l’existence d’un principe qu’il est impossible d’observer. L’expĂ©rience du Chat de Schrödinger n’a pas du tout rĂ©solu l’existence ou l’inexistence de la superposition, elle a juste soulevĂ© une nouvelle question : comment prouver une superposition ?

Comment prouver une superposition ?

Le principe des interférences

Afin de prouver l’existence des superpositions, il faut prendre en compte un nouveau principe, celui des interfĂ©rences. Pour le comprendre, il faut reprendre l’expĂ©rience des Ă©lectrons Ă©voquĂ©e plus haut et y intĂ©grer un interfĂ©romètre lorsqu’on calcule l’état d’une particule superposĂ©e. Alors qu’à la base, il y avait 50% de chances d’obtenir +1 ou -1, il est possible d’avoir 100% de +1 ou 100% de -1. En effet, en physique quantique, le principe de transformation linĂ©aire s’applique, c’est-Ă -dire qu’il est possible d’additionner les rĂ©sultats de deux situations pour obtenir deux fois l’état -1 ou deux fois l’état +1 Ă©tant donnĂ© que l’autre Ă©tat va se compenser et disparaĂ®tre. Ainsi, grâce aux interfĂ©rences, il est possible d’admettre l’existence des superpositions.

Les interférences appliquées au Chat de Schrödinger

Cette notion d’interfĂ©rence peut Ă©galement ĂŞtre appliquĂ©e au Chat de Schrödinger. Pour cela, on reprend le mĂŞme dispositif que celui posĂ© par le physicien Ă  savoir la boĂ®te, la particule nuclĂ©aire, le capteur, le marteau, le poison et bien Ă©videmment le chat. Si l’on regarde chaque boĂ®te individuellement, on constatera que le chat est soit mort, soit vivant. NĂ©anmoins, avec l’intervention d’un interfĂ©romètre destinĂ© au chat, il serait possible de voir les fameuses superpositions de l’animal. Cependant, il y a un petit problème. Ă€ ce jour, personne n’a jamais rĂ©ussi Ă  mettre au point un interfĂ©romètre suffisamment important pour pouvoir rĂ©vĂ©ler des superpositions Ă  l’échelle macroscopique, cela s’applique uniquement pour les objets microscopiques. Une question subsiste alors : comment expliquer cela ? Pour comprendre pourquoi il est impossible de voir les superpositions des objets macroscopiques, il faut se pencher sur un nouveau principe, celui de la dĂ©cohĂ©rence.

Le principe de décohérence

En principe, il n’y a rien d’impossible dans le fait de rĂ©aliser des interfĂ©rences avec des objets macroscopiques. En pratique, c’est bien plus compliquĂ©. Dans les faits, les interfĂ©rences sont dĂ©truites par leur environnement, c’est-Ă -dire par l’ensemble des choses qui entourent la particule supposĂ©ment dans l’état de superposition comme les atomes du capteur pour le cas du Chat de Schrödinger ou encore l’air ambiant. Les interfĂ©rences sont dĂ©truites Ă  cause des particules composant les objets plus gros qui l’entourent. Ces objets ou ces particules dits parasites bouleversent les interfĂ©rences dĂ©montrĂ©es avec l’interfĂ©romètre. De fait, au lieu d’avoir 100% de chances d’avoir +1 ou -1, on se retrouve dans l’état initial avec 50% de chances d’avoir +1 ou -1. Cela explique pourquoi le chat est uniquement mort ou vivant, mais jamais mort-vivant. La dĂ©cohĂ©rence n’est pas un principe nouveau, elle dĂ©coule simplement de la mĂ©canique quantique et permet de mieux comprendre la notion de superposition et prouver son existence contrairement Ă  ce que pensait Schrödinger lorsqu’il a mis au point sa fameuse expĂ©rience.

Lire aussi : Portrait de Werner Heinsenberg, pionnier de la physique quantique

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