Face à la place mineure consacrée à l’enseignement supérieur dans les programmes et à l’approche du second tour de l’élection Présidentielle 2022, la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) fait part de “son désaccord profond avec le projet de société porté par le Rassemblement national et sa candidate et appelle à en tirer toutes les conséquences lors du vote du 24 avril prochain”. Études Tech fait le point sur les mesures proposées pour l’enseignement supérieur par les deux candidats en lice, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
L’enseignement supérieur, un sujet inexistant dans la campagne présidentielle selon la CDEFI
Alors que le premier tour des élections présidentielles s’est tenu le dimanche 10 avril dernier, les Français sont appelés à voter pour le second tour qui se déroulera ce dimanche 24 avril 2022. Ces derniers devront choisir entre Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (23,1% des suffrages exprimés au premier tour) et Emmanuel Macron, candidat de La République en marche (27,8%) et ainsi élire le Président(e) de la République pour les cinq années à venir.
Dans le contexte d’une élection aux enjeux majeurs pour l’avenir de la France, la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) a récemment exprimé son regret de voir la place minime qu’occupe l’enseignement supérieur dans les débats depuis le début de la campagne présidentielle.
Et si les enjeux actuels de notre société sont tournés vers l’écologie, les nouvelles technologies ou encore la réindustrialisation des territoires, la CDEFI tient à rappeler le rôle majeur qu’occupent les établissements de l’enseignement supérieur en matière d’innovation et de recherche.
Voir aussi : Les recommandations de la CDEFI aux prochains candidats à la présidentielle 2022
Rassemblement national : aucune mesure en faveur de l’enseignement supérieur
La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs déplore fortement le manque d’initiatives en faveur de l’enseignement supérieur dans le cadre des élections présidentielles 2022. Rares sont en effet les programmes faisant état de propositions pour l’enseignement supérieur. Parmi eux, on retrouve celui du Rassemblement national, porté par Marine Le Pen. Quelles sont les mesures prévues par le RN pour l’enseignement supérieur ?
La candidate aux élections présidentielles 2022, souhaite “restaurer le système éducatif” français en replaçant au centre des programmes l’enseignement du français, des mathématiques et de l’histoire. Néanmoins, aucune mesure concrète au profit de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est présentée dans le programme de la candidate du Rassemblement national.
La République en Marche : un programme pour une “recherche plus ouverte”
À l’inverse de la candidate du Rassemblement national, Emmanuel Macron, candidat de la République en marche, dédie une partie de son programme à l’enseignement supérieur. Le Président de la République sortant et candidat à sa réélection souhaite notamment développer une recherche plus ouverte. Voici les mesures proposées pour y parvenir :
– Allouer un certain pourcentage de budget Ă l’ANR (Agence nationale de la recherche) en faveur de la culture scientifique ;
– Encourager la libertĂ© acadĂ©mique des universitaires ;
– Encadrer davantage les recherches menĂ©es afin de lutter contre les mĂ©conduites scientifiques et autres publications erronĂ©es ;
– Renforcer le rayonnement de l’enseignement supĂ©rieur français Ă l’échelle europĂ©enne en dĂ©veloppant davantage la co-diplomation entre plusieurs universitĂ©s europĂ©ennes.
La CDEFI en désaccord avec le projet du Rassemblement national
La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs manifeste son “désaccord profond” avec le projet de société présenté par Marine Le Pen et le Rassemblement national.
Dans un communiquĂ© adressĂ© Ă la presse le 19 avril, la CDEFI tient Ă rappeler que « Les Ă©coles d’ingĂ©nieurs ont Ă©tĂ© créées sur un socle humaniste qui place les valeurs humaines au centre de toute prĂ©occupation. L’exercice Ă venir de nos missions nĂ©cessite un État dont les valeurs reposent sur cette vision humaniste de la sociĂ©tĂ©, mais aussi sur des principes non nĂ©gociables tels que la libertĂ© inconditionnelle d’enseigner, de chercher et d’Ă©tudier. Tous ces sujets fondamentaux sont irrĂ©mĂ©diablement incompatibles avec tout projet prĂ©sidentiel construit sur des fondements extrĂ©mistes. »





